Les traitements systémiques

Le traitement basé sur la prise d'un médicament par voie orale ne doit pas être pire que la maladie. Aussi le réserve-t-on aux patients atteints d'un psoriasis grave ou qui ne peut être contrôlé par d'autres thérapies plus légères. Lorsque les lésions sont trop étendues et si les articulations sont atteintes seul un traitement interne peut apporter un soulagement.

Il s'agit d'employer judicieusement les traitements systémiques en les confiant à des médecins spécialistes. L'efficacité de ces traitements est bonne en général mais des effets secondaires plus ou moins graves peuvent apparaître.

 

1. Methotrexate

Ce médicament réduit la division cellulaire et l'atténue de ce fait dans la peau psoriasique. Il est aussi anti-inflammatoire. Il a toutefois certains effets secondaires, notamment au niveau du foie et un risque pour le fœtus pendant la grossesse. C'est pourquoi on ne l'utilise que dans les formes graves de psoriasis.

Il peut être très utile pour les personnes âgées ayant du mal à se déplacer ou à se faire elles même des traitements locaux - sauf contre-indication à l'usage du produit.

Il est administré, en comprimés ou injections, pendant des périodes assez longues. Ce traitement exige un suivi médical régulier, notamment par analyses sanguines.

 

2. Rétinoïdes

Il s'agit de dérivés de la vitamine A acide qui ont également un effet inhibiteur sur la division cellulaire trop rapide mais surtout stimulent la différenciation épidermique pour régulariser la kératinisation.

Ces produits ne sont utilisés que dans les formes graves en raison de leurs effets secondaires gênants : sécheresse des lèvres et des muqueuses, perte de cheveux et fragilité de la peau de la paume et de la plante, troubles hépatiques, risque pour le fœtus pendant la grossesse.

Il s'agit donc pour la femme de se soumettre à une contraception rigoureuse pendant et jusqu'à 2 ans après le traitement. Ce traitement n'est pas indiqué, non plus, chez les porteurs de lentilles de contact.

 

D'une efficacité exceptionnelle dans les formes érythrodermiques et dans le psoriasis pustuleux, on ne l'utilisera cependant pas dans les formes vulgaires.

Nous avons déjà signalé l'intérêt, dans le cas de psoriasis très étendu, de l'association des rétinoïdes à la photo chimiothérapie (re-PUVA), dont les doses d'UV peuvent être fortement réduites.

 

3. Ciclosporine

Ce produit utilisé dans les greffes d'organes évite le rejet de l'organe "étranger" par l'organisme receveur.

Sur base des études menées, la stratégie à adopter concernant sa posologie s'affine alors que son mode d'action dans le traitement du psoriasis fait encore l'objet de diverses supputations.

Il est préférable de commencer par de faibles doses et de les augmenter progressivement jusqu'à la dose optimale individuelle.

La ciclosporine A est utilisée dans des formes sévères très résistantes de psoriasis. Il est possible d'envisager dans certains cas, tout en utilisant de faibles doses de ciclosporine pour freiner le renouvellement cellulaire (effet antimitotique) et l'inflammation, de contrôler les poussées par des traitements locaux au calcipotriol par exemple ou au moyen de corticoïdes. Une cure d'entretien est indispensable ultérieurement car une récidive est observée systématiquement dès l'arrêt d'un traitement à la ciclosporine.

En raison des effets secondaires, il n'est recommandé que si les autres traitements échouent. Ce médicament est contre-indiqué en cas de carence hépatique, d'alcoolisme, de diabète et surtout de troubles rénaux et d’hypertension. Il est nécessaire de contrôler la formule sanguine et les fonctions hépatique et rénale régulièrement.

Utilisé pour traiter des formes sévères et récalcitrantes de psoriasis entraînant une dégradation de la qualité de la vie, on envisagera ce traitement en cas de plaques étendues, de rhumatisme psoriasique , d'atteintes graves du cuir chevelu, d'un psoriasis invalidant des mains ou de la plante des pieds.

 

4. L'acide fumarique

Le traitement par l'acide fumarique repose sur la théorie selon laquelle le psoriasis s'accompagnerait d'un manque d'acide fumarique dans l'organisme.

Les produits proposés sont des esters d'acide fumarique.

En remédiant à cette carence, le métabolisme se rétablirait et les taches psoriasiques disparaîtraient.

Une surveillance médicale est toutefois nécessaire parce que des troubles rénaux et surtout intestinaux ont été observés chez certains patients. Ils sont imprévisibles.

Cette thérapie connue sous le sigle FACT (Fumaric Acid Compound Therapy) a été introduite par des études cliniques sans les véritables expérimentations habituelles.

Son utilisation s'est développée principalement en Suisse, en Allemagne où les fumarates sont autorisés depuis 1994, aux Pays-Bas, en Italie et en Israël. Cette thérapie ne reposant pas sur des données scientifiques contrôlées est peu connue dans notre pays.

Ce traitement est généralement accompagné d'un régime alimentaire et doit faire l'objet d'un suivi hématologique et rénal permanent.

Il est contre-indiqué en cas de grossesse ou d'allaitement ainsi que pour les personnes souffrant de maladies chroniques gastro-intestinales ou connaissant des problèmes rénaux. Des effets secondaires tels que rougeur du visage et bouffées de chaleur (flushs), diarrhée, crampes gastriques ou sensation de ballonnement sont fréquents.

5. Divers médicaments sont proches de l’utilisation en routine en Belgique où toutes les recherches internationales sont présentes, fréquemment avant celles menées aux États-Unis : modulateurs immunitaires (Tacrolimus, nouveaux dérivés de la ciclosporine A, produits agissant sur divers récepteurs des globules blancs…), biologie moléculaire (Interleukines 10 et 11 …), facteurs de contrôle de la croissance cellulaire (anti-EGF…). Les centres de recherche des universités belges sont pour plusieurs d’entre-eux parmi les plus actifs à propos du psoriasis.


| Page précédente | | Haut de la page | | Page suivante |
Haut de la page