Les traitements topiques

1. Les corticostéroïdes ou corticoïdes .

Ce sont des substances hormonales naturelles produites par l'organisme humain (par les glandes surrénales). Ils sont proches de la cortisone qui n’est jamais utilisée comme telle dans le traitement du psoriasis. Les corticostéroïdes de synthèse, en usage local, allient efficacité et facilité d'emploi.

On conseille d'appliquer au début un corticoïde fort (4 catégories de puissance) pendant un temps le plus court possible pour passer ensuite à un corticoïde moins puissant ou à d'autres molécules.

Les corticoïdes locaux peuvent s'associer à bien d'autres traitements.

Les pommades, onguents, crèmes ou lotions contenant des corticostéroïdes sont utilisés lorsque le psoriasis n'est pas étendu à une surface importante de la peau.

Les corticoïdes sont utiles par leurs effets anti-inflammatoire, vasoconstricteur et antimitotique.

Un corticoïde puissant prescrit pendant une courte période de temps agit rapidement mais ne permet généralement qu'une rémission de courte durée avec souvent un effet rebond (récidive plus intense) dès l'arrêt du traitement.

C'est la raison pour laquelle le corticostéroïde sera de préférence associé à d'autres éléments dans une préparation magistrale.

En cas d'usage très intensif, des effets secondaires peuvent survenir et altérer la santé du patient.

Effets secondaires locaux : sécheresse, folliculite, vergetures, surinfection, atrophie cutanée …

Par diffusion interne : ostéoporose, aggravation de diabète et d’hypertension, plus rarement, risque de glaucome.

Il est donc prudent de bien suivre les indications du médecin.

 

2. Les dérivés de la vitamine D

  1. Le calcipotriol. Molécule étudiée spécialement pour traiter le psoriasis en plaques, le calcipotriol est un analogue de la forme active de la vitamine D. Il produit une action spécifique au niveau des kératinocytes et des cellules du système immunitaire.
  2. Efficace et bien toléré, ce médicament existant sous forme d'onguent, de crème et de lotion ne tache pas, ne colle pas et ne sent pas.

    Le calcipotriol doit être utilisé 1 ou 2 fois par jour en fines couches. L'amélioration est sensible endéans les 2 semaines, avec un résultat maximal après 4 à 8 semaines. Soit un peu moins rapide que les corticoïdes.

    Le calcipotriol peut provoquer quelques irritations, mais celles-ci sont généralement légères et de courte durée.

    Il donne de bons résultats en mono thérapie (utilisé seul) mais il peut également être associé à d'autres thérapies (PUVA - UVB).

    Le calcipotriol ne peut en aucun cas être associé à l'acide salicylique car ce dernier inhibe l'action du calcipotriol.

  3. Le tacalcitol. Un nouveau médicament sur le marché belge contenant un analogue de la vitamine D, le tacalcitol, se présente sous forme d'onguent à usage externe local. Il est indiqué dans le traitement du psoriasis vulgaire en plaque, léger à modérément sévère.

Utilisé une fois par jour, en couche fine, ce produit est bien toléré et facile à appliquer. Une amélioration apparaît généralement après deux semaines de traitement.

Il faut en limiter l'usage en quantité journalière (moins de 5 g d'onguent par jour) et ne pas traiter plus de 20 % de la surface totale de la peau en une seule fois. La durée du traitement est déterminée par le médecin.

Les dérivés de vitamine D3 peuvent provoquer quelques réactions cutanées (démangeaisons, érythème …) le plus souvent légères et temporaires. Il convient de vérifier la quantité de calcium dans le sang et éventuellement d'arrêter le traitement chez les sujets présentant des risques d'hypercalcémie.

Ils sont sensibles aux rayons U.V. ainsi qu'au rayonnement solaire : ceux-ci peuvent les dégrader. C'est la raison pour laquelle il est conseillé d'appliquer l'onguent le soir ou de ne pas l'associer directement après une exposition aux rayons U.V.

Ils ne seront pas non plus administrés pendant la grossesse ou pendant l'allaitement.

Ils n’ont aucun effet secondaire semblable aux corticoïdes.

 

3. Les goudrons.

Les goudrons de houille bénéficient de nombreuses années d'expérience clinique qui ont bien démontré leur sécurité d'emploi, sans risque de cancer cutané.

Cet agent thérapeutique pêche évidemment par son inconfort (il est sale, sent mauvais et est difficile à utiliser chez soi); après application en milieu hospitalier on obtient des résultats favorables. Près de 90 % des patients, après 3 à 6 semaines de traitement, peuvent bénéficier d'un répit de plusieurs mois.

Il s'agit donc d'un des traitements les plus sûrs et les plus efficaces utilisé seul ou en association avec les corticoïdes et l'acide salicylique.

Ce goudron minéral ou coaltar provient de la distillation de la houille. Il est utilisé en traitement classique en milieu hospitalier suivant diverses méthodes dont la méthode Goeckermann qui associe goudrons de houille et ultraviolets. Cette méthode est celle utilisée le plus fréquemment dans les centres de traitement de jour du psoriasis aux Etats-Unis.

D'autres goudrons sont utilisés seuls ou en association avec le goudron de houille: goudrons de roches bitumeuses (ichtyol, bithyol), goudrons végétaux (huile de cade, pine-tar, goudron de Norvège). Certains sont décolorés (albichtyol).

 

4. Le dithranol appelé aussi anthraline ou cignoline.

Le dithranol, devenu moins populaire chez nous (il reste le premier traitement en Angleterre) à cause des taches pigmentées qu'il produit sur la peau et les vêtements, a toutefois une efficacité remarquable, pour autant qu'il soit incorporé dans un véhicule approprié, assurant sa bonne pénétration et évitant son inactivation.

En pratique, le dithranol est surtout indiqué dans les cas de psoriasis en plaques bien délimitées (médaillons ou grands placards) ou de psoriasis en gouttes.

Le traitement minute consiste à appliquer une préparation de haute concentration de dithranol pendant un temps très court sur la peau. La concentration et la durée sont augmentées progressivement en fonction de la tolérance locale (de 5 à 60 minutes). A l'issue de la période d'application, la préparation est éliminée par un rinçage abondant. Il est recommandé d'appliquer ensuite une crème hydratante.

Après blanchiment, cette méthode permet d'obtenir des rémissions particulièrement longues.

La méthode d'Ingram associe dithranol et ultraviolets.


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